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 faber du faur

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5859lannes
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MessageSujet: faber du faur   Jeu 11 Déc - 16:15

Chers amis,

La série des tambours majors s'étant arrêté faute de nouveaux combattants.
Je vous propose de découvrir quelques planches sympas de Faber du Faur extraites de "Mit Napoleon in Russland".

D'abord, le replacer dans le contexte :

Christian Wilhelm von Faber du Faur est le fils d'un colonel de la cavalerie du Wurtemberg, Albrecht Achilles von Faber du Faur, descendant d'un Armagnac, qui s'exila de France au xve siècle. Il fit des études de droit et devint avocat en 1802 malgré des talents pour le dessin et la peinture. En 1809, suivant les traces de son père, il s'engagea dans l'armée du Wurtemberg et devint sous-lieutenant dans l'infanterie légère.

En 1812, il participa à l'invasion de la Russie par Napoléon, au titre du contingent fourni par la Confédération du Rhin. Il fut lieutenant dans la 25e division wurtembergeoise du 3e corps d'armée commandé par le maréchal Ney. Il dessina des esquisses presque tous les jours, en fit des dessins entre 1827 et 1830 et les publia à Stuttgart en 1831 avec le major Kausler. Son Mit Napoleon in Russland [Avec Napoléon en Russie] contient une grande variété de dessins en couleurs montrant toute la campagne jusqu'à la retraite. Cet ouvrage est un « témoignage capital sur la campagne de Russie », selon l’historien Jean Tulard1.

Fait chevalier de la Légion d'honneur le 17 septembre 1812, Faber du Faur était l'un des 300 soldats du Wurtemberg revenus vivants (en décembre 1812) de la campagne de Russie sur les 15 000 hommes qui étaient partis. Il rejoignit l'armée de Napoléon au printemps 1813 et participa à la bataille de Bautzen, où il fut grièvement blessé. Il passa ensuite une longue convalescence à Ludwigsburg. Il épousa Maria Margaretha Bonevenuta von Hirlinger en mars 1814.

En 1815, il reprit du service dans l'armée du royaume de Wurtemberg et fut successivement promu aux grades de Major en 1829, Oberstleutnant en 1836, Oberst en 1840 et Generalmajor en 1849. À partir de 1839, il était l'un des représentants militaires du Wurtemberg à la commission militaire de la Confédération germanique à Francfort. Christian Wilhelm von Faber du Faur fut décoré de la grand-croix de l'ordre de la Couronne de Wurtemberg associée à son titre de noblesse personnelle.

Il prit sa retraite en 1851 et mourut en 1857.







Je vais tenter par la suite, de respecter la chronologie des estampes, en fonction des dates de la campagne de 1812.

Lannes

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Taeyang
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MessageSujet: Re: faber du faur   Jeu 11 Déc - 17:42

Merci cher Lannes Wink
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MessageSujet: Re: faber du faur   Jeu 11 Déc - 18:54


On en peut pas dire qu'il ne nous gatte pas king
bon si je ne me trompe pas  bounce  la première gravure se sont bien des portugais ?
et la troisième Napoléon ?? Wink Wink
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MessageSujet: Re: faber du faur   Jeu 11 Déc - 19:05

oui
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5859lannes
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MessageSujet: Re: faber du faur   Ven 12 Déc - 13:59

Chers amis,

Bien vu mon Maréchal, la première planche représente bien des tropues portugaises qui fourragent.
La 3ème Napoléon pré d'un feu de camp.

Bon, allons y avec la chronologie



Camp avant la bataille de  Valontina-Gora - Aout 1812.



La bataille de  Valontina-Gora - 19 Aout 1812.

La bataille de Valoutino, également appelée bataille de Valontina-Gora ou encore bataille de Valentina-Gora, eut lieu le 19 août 1812, entre les troupes du maréchal Michel Ney et la puissante arrière-garde du général Michel Barclay de Tolly.

Le champ de bataille
Les Russes sont retranchés dans une zone marécageuse, protégée par un petit ruisseau. Les Français, attaquant résolument, doivent faire face à d'énormes difficultés naturelles.

La bataille
Napoléon espère encercler l'armée du général Barclay quand il découvre que les Russes qui attendent les Français ne constituent en fait que l'arrière-garde du général Toutchkov. Trois divisions de cavalerie et une division d'infanterie sont encerclées en essayant d'attirer les Français loin du champ de bataille de Smolensk. Ils font alors un détour pour affronter les Français sur les rives de la Stragan.

Après un bombardement massif, Michel Ney lance un assaut contre les Russes mais il ne parvient pas à prendre la crête. La cavalerie de Murat s'embourbe en traversant le cours d'eau.

La division de Junot est à proximité du champ de bataille, mais celui-ci reste sourd à la demande de renfort de Murat et ne bouge pas. Il sera blâmé pour cela par Napoléon.

Quelques heures plus tard, Ney lance une dernière attaque. Le général Gudin qui mène l'assaut est blessé par un boulet de canon qui lui emporte les deux jambes. Les Français parviennent à prendre la crête après un combat acharné, mais la majorité de l'armée de Barclay s'est échappé et se dirige vers Loubino. L'occasion d'une victoire décisive est passée.

Trois jours après la bataille, le général Gudin meurt de ses blessures.



La bataille de Valoutino par Peter von Hess

Lannes

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Taeyang
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MessageSujet: Re: faber du faur   Ven 12 Déc - 15:50

5859lannes a écrit:
Chers amis,

Bien vu mon Maréchal, la première planche représente bien des tropues portugaises qui fourragent.
La 3ème Napoléon pré d'un feu de camp.

Lannes


...oui, pendant la retraite de Russie Wink
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5859lannes
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MessageSujet: Re: faber du faur   Ven 12 Déc - 16:14

Napoléon me rappelle quelqu'un avec sa chapka !!!!





Lannes
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MessageSujet: Re: faber du faur   Ven 12 Déc - 17:49

La retraite des rosis.
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Taeyang
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MessageSujet: Re: faber du faur   Ven 12 Déc - 18:52

5859lannes a écrit:
Napoléon me rappelle quelqu'un avec sa chapka !!!!


Lannes

Ouaip et ben c'est pas demain la veille que le flanby aura la carte de visite de l'Empereur !
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5859lannes
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MessageSujet: Re: faber du faur   Dim 14 Déc - 17:13

Chers amis,

Revenons aux croquis de Faber du Faur lors de la campagne de 1812.





Smolensk du 16 au 18 août 1812.

La bataille de Smolensk entre les 175 000 soldats de Napoléon et les 130 000 soldats du prince Bagration a lieu le 16 et 17 août 1812. Seuls 50 000 et 60 000 hommes des deux camps respectifs sont réellement engagés.

Depuis presque le début de la campagne de Russie, Napoléon et sa Grande Armée sont engagés dans des combats et s'épuisent à poursuivre les Russes. Lors des affrontements, ces derniers engagent une brève défense avant de se retirer.

Afin d'obliger l'ennemi à se confronter à lui, Napoléon conçoit la manœuvre de Smolensk pour essayer de balayer les troupes russes et les défaire une bonne fois pour toutes. Le 14 août 1812, les forces françaises, sous le commandement de Murat, Davout et Ney, traversent le fleuve Dniepr à Rassna, sur des ponts construits pendant la nuit. Le plan consiste à se précipiter vers la ville de Smolensk, à la prendre sans combat et à marcher vers le nord, sur les principales forces russes placées sous le commandement du général Barclay de Tolly. C'est ce qui aurait dû se produire si des ordres contradictoires et un problème de communication n'avaient pas conduit le général russe Bagration à désobéir. Alors que les ordres sont de marcher à l'ouest, il se rend au sud à Smolensk. Quand les forces françaises arrivent sur la ville, le 16 août, celle-ci est fortement défendue par les Russes, la garnison ayant été considérablement renforcée par l'arrivée de Barclay et le gros de l'armée.

En 1812, Smolensk est une ville de 12 600 habitants, qui n'a pas vraiment de valeur stratégique, si ce n'est d'être sur le chemin de la Grande Armée. Elle est défendue par des bastions et d'épaisses murailles de pierres, et occupe les deux rives du fleuve Dniepr, ce qui complique son encerclement. La meilleure manière de l'attaquer la ville est de traverser le Dniepr plus loin à l'est, pour la prendre à revers, forcer les Russes à la reddition, et faire ainsi l'économie d'un siège long et couteux en vies. Mais Napoléon pense que les Russes vont sortir pour empêcher la destruction de la ville qui abrite une icône sainte. Comme cela ne se produit pas, il décide de prendre la ville par la force.

Le 14 août, après en avoir chassé deux régiments de cosaques, Grouchy entre à Liady avec la cavalerie de Nansouty. Pendant ce temps, Murat et Ney sont à Krasnoi.

Le 15 août, la Garde impériale, le 1er et le 4e corps, arrive à Liady, tandis que le 3e corps repousse la division de Newerowski, forte de 6 000 hommes, 1 200 chevaux et 10 canons, qui bat en retraite vers Smolensk. Les Russes qui perdent 2 000 hommes, 8 canons et leurs caissons, sont poursuivis jusque Korytnia où Napoléon établi son quartier général. Ney est à Lubna

La bataille commence le 16 août par un premier test sur deux des faubourgs. Les Russes ne réagissent pas comme prévu face à cette provocation, et restent dans la ville. Napoléon commande l'assaut général avec trois corps de la Grande Armée, soutenus par 200 pièces d'artillerie. Cela réussit pendant un certain temps, mais quand les Français atteignent les murs de ville, ils n'ont aucun moyen pour les franchir. Ils essayent vainement de s'élever sur les épaules des uns et des autres, exposés au feu de l'artillerie russe. Au soir du 16 août, ils n'ont fait aucun progrès.

Vers 14h le 17 août, voyant que les Russes ne sont pas décidés à sortir, l'Empereur ordonne à Poniatowski de faire mouvement pour couper les communications entre la ville et la rive droite du fleuve, tandis qu'une division du général Bruyères s'empare du plateau devant les faubourgs de Sloboda-Raczenka. 60 pièces d'artillerie y sont installées. Leurs tirs de mitraille obligent les Russes de la rive droite à évacuer leurs positions. Davout attaque ensuite les faubourgs qui tombent vers 17h. De son côté, Ney attaque les positions ennemies situées devant la ville. Des tirs d'artillerie chassent les occupants des tours. Par la rive droite, la ville reçoit le renfort de deux divisions et deux régiments d'infanterie de la garde.

L'intense bombardement d'artillerie provoque de nombreux incendies, et la majeure partie de la ville brûle à la tombée de la nuit. Deux compagnies de mineurs s'attaquent aux remparts. Dans la nuit, sacrifiant une petite garnison, Barclay abandonne la ville par la rive droite. Le général Korff commandant l'arrière-garde met le feu à différents endroits de la ville et brûle le dernier pont derrière lui.

Vers l'aube du 18 août, des brèches sont ouvertes dans les murs. La Grande Armée pénètre dans la ville, sans grande résistance. En quelques heures, le gros des troupes l'investit. Barclay maintient des forces de l'autre côté du fleuve empêchant une traversée avant la nuit du 18 août.

La ville de Smolensk est presque totalement détruite. Les Russes comptent 4 700 morts, dont 5 généraux, 7 à 8 000 blessés, et 2 000 prisonniers, 200 pièces de canons et mortiers de gros calibre. Côté français, les pertes sont de 700 morts, dont le général Grabouski, 3 100 à 3 200 blessés, dont les généraux Grandeau et Dalton.

Techniquement, la bataille de Smolensk est une victoire pour Napoléon. Il a pris la ville, et n'a pas subi autant de pertes que ses ennemis. Cependant, la façon dont la bataille a été conduite va avoir de grandes conséquences. En raison d'une chaîne d'approvisionnement défaillante, les Français manquent de nourriture. Smolensk eût été une source utile d'approvisionnement si elle avait été prise intacte.



La bataille de Smolensk par Piter von Hess

Lannes.

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MessageSujet: Re: faber du faur   Lun 15 Déc - 19:33

Chers amis,

Une petite suite dans la chronologie de la campagne de 1812 :



Entre Dorogobouye et slavkovo - 27 août 1812



Camp le 31 août 1812

Lannes.

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MessageSujet: Re: faber du faur   Mar 16 Déc - 19:36

Septembre noir.... Encore une lueur d'espoir avant le sombre hiver 1812.....







Prés de Gjatsk - 5 septembre 1812

Et demain......

Lannes

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MessageSujet: Re: faber du faur   Mar 16 Déc - 20:43

Elle est originale la guérite noire et blanche.
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MessageSujet: Re: faber du faur   Mar 16 Déc - 23:25

J'ai pensé la même chose le lorrain lol!
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MessageSujet: Re: faber du faur   Mer 17 Déc - 12:05

Oui mais moi d'abord !
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MessageSujet: Re: faber du faur   Mer 17 Déc - 17:17


superbe image que l'on dévore avec les yeux Wink
Et pour la guérite !
elle est là pour un poste de camp ou d'une frontière ?
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MessageSujet: Re: faber du faur   Mer 17 Déc - 17:37

Les états limitrophes de la Russie étant le grand-duché de Varsovie et l'empire autrichien, les couleurs ne correspondent pas. Je penserais plutôt à un campement de troupes du Württemberg, avant l'invasion.
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MessageSujet: Re: faber du faur   Mer 17 Déc - 18:03

Bien vu mon ami le Lorrain, quoique d'autres l'on utilisait comme poste frontière.
A voir les deux compositions en plats d'étain qui reprennent la dite guérite, noire et blanche.





Continuons notre voyage avec Faber du Faur :



Valueva 8 septembre 1812 - Prisonniers russes

Borodino - Moskowa 17 septembre 1812



Prés du village de Borodino



Sur le champ de bataille de Borodino

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MessageSujet: Re: faber du faur   Jeu 18 Déc - 20:01

Fort sympathique tout cela, je connaissais quelques images de ce personnage. On n sent lasse pas. :-)
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MessageSujet: Re: faber du faur   Ven 19 Déc - 10:44

J'aime beaucoup le plat d'étain. Ca permet des dioramas avec plus de figurines sur une faible profondeur.
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MessageSujet: Re: faber du faur   Ven 19 Déc - 19:40

On continue avec Faber du Faur.....

Toujours Borodino et les jours suivants :



Le pont au-dessus de la Kolotscha près de Borodino



Sur la route principale reliant Mojaisk -18 septembre

Lannes

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MessageSujet: Re: faber du faur   Lun 22 Déc - 19:23

Une suite dans cette sombre année 1812.

Sur la route de Moscou





Lannes.

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MessageSujet: Re: faber du faur   Lun 22 Déc - 20:00


Et la neige !! oui la neige elle arrive quand bounce
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MessageSujet: Re: faber du faur   Lun 22 Déc - 20:07

En Novembre mon ami, en Novembre.......

Il y a d'abord Moscou.......
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MessageSujet: Re: faber du faur   Lun 22 Déc - 21:40

Certains dessins montrent bien le sinistre de la guerre.
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MessageSujet: Re: faber du faur   Mar 23 Déc - 8:30

Moscou, le début de la fin........

Environs de Lafertovskaja - 11 octobre 1812



Moscou le 11 octobre 1812



Le Kremlin - 17 octobre 1812



Le pillage de Moscou - Début de l'incendie- Octobre 1812

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MessageSujet: Re: faber du faur   Mar 23 Déc - 17:15

5859lannes a écrit:
En Novembre mon ami, en Novembre.......

Et c'est bien sur: " neige en novembre , Noël en décembre " Wink
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MessageSujet: Re: faber du faur   Mar 23 Déc - 18:34


Comme tu le souligne si bien SiDBuL le sinistre de la guerre semant ses morts par-ci par-là...et dans l'indifférence complet des vivants
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MessageSujet: Re: faber du faur   Mar 23 Déc - 19:57

En parlant de sinistrose les planches suivantes de Faber du Faur montreront l'horreur de cette période.
Mais continuons notre chemin, le départ de Moscou.

Porte de Kaluga - 19 octobre 1812



Sur la route entre Moscou et Kaluga - 23 octobre 1812



Les premiers harcèlements sur la Grande Armée en retraite, pas encore en déroute.....

Lannes.



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MessageSujet: Re: faber du faur   Ven 26 Déc - 17:55

Une suite, les premiers revers et le froid de l'hiver russe commencent à faire leur travail.....
Les combats et les incendies du mois d'août ont détruits totalement Smolensk, la chaîne de ravitaillement
de la grande Armée est rompue.....

Les faubourgs de Smolensk - 12 novembre 1812



Bivouac a Smolensk - 13 novembre 1812



L'ombre des affres futures s'approchent.....



Lannes

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MessageSujet: Re: faber du faur   Mar 30 Déc - 15:49

Chers amis,

Je sais que 2015 sera le bicentenaire de la funeste année 1815, mais alors là sur le site des Lanciers, c'est "Waterloo, morne plaine......"

Je ne résiste pas a remettre au gout du jour ce poème de Victor Hugo

L'expiation

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l'aigle baissait la tête.
Sombres jours ! l'empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.
Il neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier la grande armée, et maintenant troupeau.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre.
Il neigeait. Les blessés s'abritaient dans le ventre
Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés
On voyait des clairons à leur poste gelés,
Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,
Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.
Boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs,
Pleuvaient ; les grenadiers, surpris d'être tremblants,
Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.
Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
On n'avait pas de pain et l'on allait pieds nus.
Ce n'étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerre :
C'était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d'ombres sous le ciel noir.
La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense armée un immense linceul.
Et chacun se sentant mourir, on était seul.
- Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?
Deux ennemis! le czar, le nord. Le nord est pire.
On jetait les canons pour brûler les affûts.
Qui se couchait, mourait. Groupe morne et confus,
Ils fuyaient ; le désert dévorait le cortège.
On pouvait, à des plis qui soulevaient la neige,
Voir que des régiments s'étaient endormis là.
Ô chutes d'Annibal ! lendemains d'Attila !
Fuyards, blessés, mourants, caissons, brancards, civières,
On s'écrasait aux ponts pour passer les rivières,
On s'endormait dix mille, on se réveillait cent.
Ney, que suivait naguère une armée, à présent
S'évadait, disputant sa montre à trois cosaques.
Toutes les nuits, qui vive ! alerte, assauts ! attaques !
Ces fantômes prenaient leur fusil, et sur eux
Ils voyaient se ruer, effrayants, ténébreux,
Avec des cris pareils aux voix des vautours chauves,
D'horribles escadrons, tourbillons d'hommes fauves.
Toute une armée ainsi dans la nuit se perdait.
L'empereur était là, debout, qui regardait.
Il était comme un arbre en proie à la cognée.
Sur ce géant, grandeur jusqu'alors épargnée,
Le malheur, bûcheron sinistre, était monté ;
Et lui, chêne vivant, par la hache insulté,
Tressaillant sous le spectre aux lugubres revanches,
Il regardait tomber autour de lui ses branches.
Chefs, soldats, tous mouraient. Chacun avait son tour.
Tandis qu'environnant sa tente avec amour,
Voyant son ombre aller et venir sur la toile,
Ceux qui restaient, croyant toujours à son étoile,
Accusaient le destin de lèse-majesté,
Lui se sentit soudain dans l'âme épouvanté.
Stupéfait du désastre et ne sachant que croire,
L'empereur se tourna vers Dieu ; l'homme de gloire
Trembla ; Napoléon comprit qu'il expiait
Quelque chose peut-être, et, livide, inquiet,
Devant ses légions sur la neige semées :
« Est-ce le châtiment, dit-il. Dieu des armées ? »
Alors il s'entendit appeler par son nom
Et quelqu'un qui parlait dans l'ombre lui dit : Non.

Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
D'un côté c'est l'Europe et de l'autre la France.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l'espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
O Waterloo ! je pleure et je m'arrête, hélas !
Car ces derniers soldats de la dernière guerre
Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre,
Chassé vingt rois, passé les Alpes et le Rhin,
Et leur âme chantait dans les clairons d'airain !

Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.
Il avait l'offensive et presque la victoire ;
Il tenait Wellington acculé sur un bois.
Sa lunette à la main, il observait parfois
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l'horizon, sombre comme la mer.
Soudain, joyeux, il dit : Grouchy ! - C'était Blücher.
L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme,
La mêlée en hurlant grandit comme une flamme.
La batterie anglaise écrasa nos carrés.
La plaine, où frissonnaient les drapeaux déchirés,
Ne fut plus, dans les cris des mourants qu'on égorge,
Qu'un gouffre flamboyant, rouge comme une forge ;
Gouffre où les régiments comme des pans de murs
Tombaient, où se couchaient comme des épis mûrs
Les hauts tambours-majors aux panaches énormes,
Où l'on entrevoyait des blessures difformes !
Carnage affreux! moment fatal ! L'homme inquiet
Sentit que la bataille entre ses mains pliait.
Derrière un mamelon la garde était massée.
La garde, espoir suprême et suprême pensée !
« Allons ! faites donner la garde ! » cria-t-il.
Et, lanciers, grenadiers aux guêtres de coutil,
Dragons que Rome eût pris pour des légionnaires,
Cuirassiers, canonniers qui traînaient des tonnerres,
Portant le noir colback ou le casque poli,
Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli,
Comprenant qu'ils allaient mourir dans cette fête,
Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête.
Leur bouche, d'un seul cri, dit : vive l'empereur !
Puis, à pas lents, musique en tête, sans fureur,
Tranquille, souriant à la mitraille anglaise,
La garde impériale entra dans la fournaise.
Hélas ! Napoléon, sur sa garde penché,
Regardait, et, sitôt qu'ils avaient débouché
Sous les sombres canons crachant des jets de soufre,
Voyait, l'un après l'autre, en cet horrible gouffre,
Fondre ces régiments de granit et d'acier
Comme fond une cire au souffle d'un brasier.
Ils allaient, l'arme au bras, front haut, graves, stoïques.
Pas un ne recula. Dormez, morts héroïques !
Le reste de l'armée hésitait sur leurs corps
Et regardait mourir la garde. - C'est alors
Qu'élevant tout à coup sa voix désespérée,
La Déroute, géante à la face effarée
Qui, pâle, épouvantant les plus fiers bataillons,
Changeant subitement les drapeaux en haillons,
A de certains moments, spectre fait de fumées,
Se lève grandissante au milieu des armées,
La Déroute apparut au soldat qui s'émeut,
Et, se tordant les bras, cria : Sauve qui peut !
Sauve qui peut ! - affront ! horreur ! - toutes les bouches
Criaient ; à travers champs, fous, éperdus, farouches,
Comme si quelque souffle avait passé sur eux.
Parmi les lourds caissons et les fourgons poudreux,
Roulant dans les fossés, se cachant dans les seigles,
Jetant shakos, manteaux, fusils, jetant les aigles,
Sous les sabres prussiens, ces vétérans, ô deuil !
Tremblaient, hurlaient, pleuraient, couraient ! - En un clin d'œil,
Comme s'envole au vent une paille enflammée,
S'évanouit ce bruit qui fut la grande armée,
Et cette plaine, hélas, où l'on rêve aujourd'hui,
Vit fuir ceux devant qui l'univers avait fui !
Quarante ans sont passés, et ce coin de la terre,
Waterloo, ce plateau funèbre et solitaire,
Ce champ sinistre où Dieu mêla tant de néants,
Tremble encor d'avoir vu la fuite des géants !

Napoléon les vit s'écouler comme un fleuve ;
Hommes, chevaux, tambours, drapeaux ; - et dans l'épreuve
Sentant confusément revenir son remords,
Levant les mains au ciel, il dit: « Mes soldats morts,
Moi vaincu ! mon empire est brisé comme verre.
Est-ce le châtiment cette fois, Dieu sévère ? »
Alors parmi les cris, les rumeurs, le canon,
Il entendit la voix qui lui répondait : Non !

Lannes

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MessageSujet: Re: faber du faur   Mar 30 Déc - 16:23

Chers amis,

Après ce détour dans les grands classiques de la poésie française, un retour sur les années sombres de 1812 selon Faber du Faur....

Entre korthnia  et krasnoie - 15 novembre 1812





Bivouac à Krasnoie - 16 novembre 1812



La bataille de Krasnoie - Tableau de Peter von Hess



Le Baron Fain écrivait :

On quitte donc Smolensk pour gagner les ponts d'Orcha, et mettre entre nous et Koutousov le dernier détour par lequel le Borysthène coupe le grand chemin. Mais avant d'arriver à Orcha, nous avons à franchir vingt-cinq lieues de plaine, et à défiler sur ce long espace entre le Borysthène qui côtoie la route au nord, et l'armée de Koutousov qui menace de nous resserrer au sud. Le général russe, après l'affaire d'Ielnia contre la division Baraguay-d'Hilliers, est venu s'établir à dix lieues de Smolensk ; il tient les routes de Roslaw et de Mitislaw, et son avant-garde nous a dépassés.
« Les Français sont presque sans cavalerie, sans artillerie, sans transports. Sans cavalerie, on ne peut éclairer la route à un quart de lieue ; sans artillerie, on ne peut pas risquer d’engagements, ni attendre de pied ferme ; il faut marcher sous peine d'être contraint à une bataille que le défaut de munitions nous empêche de désirer, et dans la marche il faut occuper un grand espace pour ne pas être tourné »
Un froid excessif met le comble aux difficultés ; nous sommes en butte à tous les malheurs qui ont signalé le retour des grandes expéditions poussées au-delà de l'Euphrate par Alexandre le Macédonien, Marc-Antoine, l'empereur Julien et tant d'autres. La cavalerie des Parthes n'était pas plus incommode que celle des Cosaques; les déserts glacés qui nous environnent ne sont pas moins mortels que les sables brûlants de la Bactriane. Notre désastre est le même. « Dans ces rudes épreuves, les hommes que la nature n'a pas trempés assez fortement pour être au-dessus de toutes les chances du sort et de la fortune, sont ébranlés et ne rêvent que catastrophes; ceux qu'elle a créés supérieurs à tout, voient une gloire nouvelle dans des dangers nouveaux. »
Voici le moment où ces grands caractères vont briller de tout leur éclat.       .
Le 14, on n'a fait que six lieues. On apprend, au gîte de Korouitnia, que l'avant-garde de Koutousov a pris sur nous de l'avance, qu'elle s’est montrée à Krasnoï, et que la division Claparède, qui précède notre marche, a été obligée, pour pénétrer dans cette ville, d'en chasser les éclaireurs d'Ojarowski.

Le 15, les colonnes de la garde impériale, en approchante leur tour de Krasnoï, aperçoivent sur la gauche le corps de Miloradovitch. Ce général a sous ses ordres les troupes de Raïevski et celles de Dolgorouki, qui a remplacé Baggovoute.  « Mais il n'ose pas barrer la route, et se contente d'envoyer des boulets. »
A peine l’empereur est-il entré dans Krasnoï, que d'autres détachements ennemis sont signalés aux environs. Déjà les plus voisins sont établis au village de Koutkowo, qui n'est qu'à une demi-lieue au sud de la ville. Napoléon veut qu'on, se déblaie de cet entourage. Dans la nuit même, il fait attaquer Koutkowo. Une division de la garde et le général Roguet qui la commande sont chargés de ce coup de main. Ils tombent sur les Russes à la baïonnette et sans tirer, les surprennent, leur tuent beaucoup de monde, et les repoussent au loin.
C'est le corps d'Oujarowski dont ils nous ont débarrassé. On apprend par les prisonniers que Koutousov arrive : son quartier-général n'était la veille qu'à sept lieues de nous, à Jourowa. Dans quelques heures, il sera en présence avec toutes ses forces. Il faudrait pouvoir se remettre en marche avant qu'il vînt développer son cercle autour de Krasnoï; mais le vice-roi, le prince d'Eckmühl et le duc d'Elchingen sont encore en arrière, et l’empereur veut les attendre. Il reste à Krasnoï toute la journée du 16.
Cependant derrière nous Miloradovitch a refermé la route; il s'est replacé dans son embuscade, et guette au passage les premières troupes qui paraîtront. Sur les trois heures, les bandes d'hommes isolés qui précèdent le vice-roi se présentent. Aussitôt, Dolgorouki sort du village de Mikoulino et barre le chemin, tandis que Raïevski étend sa ligne sur le côté pour nous interdire la plaine. Au milieu de la foule des nôtres qui s'est arrêtée, se trouvent des généraux et des officiers de tout grade. On propose de brusquer l'attaque. La colonne se forme, et l’on se précipite sur l'ennemi. On force une première ligne ; mais cette généreuse impétuosité succombe sous les réserves et les feux croisés que les Russes ont disposés à l'avance.
Au bruit du combat, le vice-roi est accouru. Il est entouré des généraux Guilleminot, Philippon, Broussier, Ornano, Triaire, Poitevin, Pino, Guyon; de ses aides-de-camp Giflenga, Tascher, Bataille, Labédoyère, et de beaucoup d'autres dont le nom m'échappe. Il donne ses ordres, et des manœuvres plus régulières vont renou¬veler les attaques. En ce moment, un parlemen¬taire russe, le prince Koudatcheff, se présente. Il vient sommer le fils adoptif de Napoléon de mettre bas les armes. Un mouvement unanime d'indignation le repousse. Les généraux Broussier et Philippon ont formé, sur les bords de la route, des redoutables carrés, entre lesquels tous les hommes isolés se sont groupés, et nos six mille soldats s'avancent avec intrépidité sur les vingt mille de Miloradovitch.
Cette fois encore, le nombre, l'avantage de la position, et la supériorité de l'artillerie, finissent par l’emporter. Le vice-roi reconnaît l'impossibilité de forcer le passage ; mais il est bien loin de désespérer de sa fortune. Le terrain qui descend à droite jusqu'au Borysthène, est encore libre. Eugène feignant, par une manœuvre habile, de vouloir prolonger le combat sur sa gauche, attire de plus en plus, de ce côté, l'attention des Russes, tandis que tout ce qui n'est pas engagé, file par la plaine opposée. La garde royale italienne marche en tête. Bientôt la nuit qui met fin à l'action, achève de délivrer ceux des nôtres qui sont restés en arrière. On tourne ainsi les postes de Dolgorouki, et, en moins de deux heures, le vice-roi et ses troupes ont rejoint le quartier impérial à Krasnoï.
Après avoir manqué le vice-roi, Miloradovitch faisait ses dispositions pour assurer sa revanche sur le prince d’Eckmühl et sur le duc d'Elchingen ; mais Koutousov est arrivé : il médite des coups plus décisifs. Les feux de ses bivouacs éclairent l'horizon à deux lieues au sud-est de Krasnoï. Sa droite est appuyée aux avant-postes que Miloradovitch occupe sur la grande route de Smolensk ; son centre, placé entre le village de Chilowa et de Novoselki, a pour chef le prince Gallitzin, qui remplace Toutchkoff; et sa gauche, composée de l'ancien corps de Bagration, de celui Doktourof et de celui de Borosdin, s'étend au midi, prêt à embrasser le reste de la plaine. Cette partie principale de l'armée russe est sous les ordres de Tormasow, le même qui a soutenu le début de la campagne en Volhynie contre Schwartzenberg, et que l'amiral Tchitchakof a relevé de ce commandement. Koutousov vient de l'appeler à lui. On le regarde comme le successeur de Bagration. Il est chargé de tourner la ville, et de faire main-basse sur tout ce qu'il rencontrera.
Le 17 au matin, Tormasof allait commencer son mouvement, lorsque la garde impériale sort de Krasnoï, non par le chemin qui la ramènerait en France, mais par celui qui la conduit droit au centre de Koutousov. Devançant les Russes, elle prend l'offensive, et culbute tous les avant-postes du prince Gallitzin. C'est Napoléon lui-même qui, à la pointe du jour, s'est mis à la tête de sa troupe d'élite. Il n'a trouvé que cette résolution qui pût ménager au prince d'Eckmühl et au duc d'Elchingen le moyen de percer jusqu'à nous. Cette attaque soudaine rompt toutes les mesures de l'ennemi. À la vue de Napoléon, que les Russes croyaient déjà loin, Tormasof a reçu l'ordre de tout suspendre, et les forces principales de Miloradovitch ont été rappelées au centre; double succès qui affranchit à la fois, la route de l'arrivée et celle de la sortie. On se hâte d'en profiter, et, tandis que nos colonnes prennent la direction de Liadi, pour continuer la retraite, le prince d'Eckmühl, dégagé de Miloradovitch, parvient jusqu'à Krasnoï ; mais le duc d'Elchingen n'est pas avec lui ! Parti de Smolensk, seulement dans la nuit du 16 au 17, ce général est encore à une marche de distance. Combien sa position va devenir difficile ! La tentative qui vient de réussir, n'est pas de celles qu'on peut répéter, et les Russes se sont remis de leur étonnement. Déjà Tormasow a recommencé ses manœuvres dans la plaine, et menace la route de Liadi. Il approche; on ne peut plus attendre ; il n'y a pas une minute à perdre; on entraine l'empereur. Lorsqu'il sort de Krasnoï, il est à pied à la tête de sa garde, ayant autour de lui ses officiers et ses principaux servi¬teurs. On défile ainsi, pendant un quart d'heure, sous le canon de l'ennemi. Napoléon avait réglé d'abord que le prince d'Eckmühl essaierait de tenir ferme; mais la retraite, un moment contenue, se précipite dans un mouvement général qui entraîne tout, et Davout, poussé hors de Krasnoï, ne dégage qu'à grande peine ses derniers pelotons des mains des Cosaques.
Heureusement, l'armée moscovite s'arrête, Koutousov veut concentrer sur Krasnoï toutes ses masses, pour mieux traquer le duc d'Elchingen, que notre départ laisse presque à sa merci.
Le 18, dans l'après-midi, le duc d'Elchingen se voyait très-près d'arriver à Krasnoï ; quarante bouches à feu, chargées à mitraille, qui l'attendent au dernier ravin, éclatent, et lui révèlent, avec la présence des Russes, toutes les difficultés de sa position; mais, loin d'être déconcertées, ses troupes, comme naguère celles d'Eugène, dans le même péril, et au même endroit, n'écoutent que l'instinct de leur bravoure. Elles se précipitent sur les batteries. On distingue à leur tête Ricard, Dufour et Barbanègre ; sous leurs ordres trois régiments : le quinzième léger, le trente-troisième et le quarante-huitième, renversent, jusqu'à trois fois, la première ligne de Miloradovitch. Courage admirable, mais inutile ! Leur opiniâtreté héroïque (et ils ont arraché cette expression à une plume ennemie) revient sans cesse à la charge; mais c'est frapper de la tête contre une muraille d'acier. Deux compagnies de sapeurs et de mineurs se sont fait écraser.
Après avoir acquis la triste conviction de tous les moyens de supériorité que les Russes ont accumulé contre lui, le maréchal Ney cherchait sur sa carte le parti qu'il lui restait à prendre, quand un parlementaire de Miloradovitch vient encore proposer de mettre bas les armes ! Le maréchal dévore cet affront. La meilleure vengeance à tirer de ceux qui croient le tenir, c'est de leur échapper. Il a appris, par l'ennemi lui-même, que les Français ne sont plus à Krasnoï; dès lors, il n'hésite plus : il s'abandonne à une résolution dont la hardiesse promet de déjouer tous les calculs des généraux russes. « Si le chemin de la rive gauche nous est maintenant fermé, » dit-il à ses compagnons, « allons en chercher un autre sur la rive droite. La nuit nous favorise; nous n'avons que quelques heures à marcher pour atteindre le Borysthène, et les glaçons nous seront propices, du moins cette fois : nous passerons dessus. Nous saurons bien ensuite regagner Orcha. »
Au retour du jour, Miloradovitch cherche en vain ses prisonniers. Osera-t-il appeler de ce nom les malades, les blessés, les malheureux perclus par le froid, qui n'ont pu suivre les pas de l'illustre maréchal ? Comme Eugène et Davout, Ney s'est tiré de ses mains, et le dernier espoir dont il a flatté Koutousov s'évanouit !
C'est ainsi que finit ce que les Russes ont appelé pompeusement la bataille de Krasnoï. Si cette affaire est un des plus beaux faits d'armes de notre siècle, serait-ce, comme ils le prétendent, parce que leur armée attaquant chacun de nos corps séparément, et les uns après les autres, a fait l’application la plus exacte des vrais principes de la guerre ? Non, c'est que chacun de nos corps, ayant à lutter successivement contre une armée entière, a montré tout ce que le véritable héroïsme a de ressources contre les froides combinaisons du métier !
Dans cette marche de Smolensk à Krasnoï, le froid a fait tomber de nos mains une immense quantité d'armes et de munitions : que les Russes les ramassent, et en fassent le triste inventaire ! Ils ont pris, disent-ils, deux cent vingt-huit pièces de canon, dont la moitié a été trouvée en un seul monceau, à huit lieues de Smolensk, par le centenier Nazkin. Quant aux malheureux qu'ils ont recueillis, dans les fossés de la route, ou dans les cendres de nos bivouacs, ils en portent le nombre à vingt-six mille. Puissent-ils les soigner en ennemis généreux !
L'armée moscovite, elle-même, est affaiblie par les traîneurs et les malades que chaque journée laisse en arrière. Elle souffre de la rigueur du froid autant que l'armée française; mais dans cette calamité commune, l'avantage est encore pour elle. Tout ce qui ne peut plus suivre n'est pas perte pour celui qui s'avance, comme pour celui qui se retire !

Le Maréchal Ney lors de la retraite



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MessageSujet: Re: faber du faur   Mar 30 Déc - 17:06


Terrible Hiver qui emporte tout et recouvre les corps....Brrrrr ...j'en ai froid au dos Crying or Very sad

le récit du baron Fain est poignant et surtout ce passage ;

"Le 18, dans l'après-midi, le duc d'Elchingen se voyait très-près d'arriver à Krasnoï ; quarante bouches à feu, chargées à mitraille, qui l'attendent au dernier ravin, éclatent, et lui révèlent, avec la présence des Russes, toutes les difficultés de sa position; mais, loin d'être déconcertées, ses troupes, comme naguère celles d'Eugène, dans le même péril, et au même endroit, n'écoutent que l'instinct de leur bravoure. Elles se précipitent sur les batteries. On distingue à leur tête Ricard, Dufour et Barbanègre ; sous leurs ordres trois régiments : le quinzième léger, le trente-troisième et le quarante-huitième, renversent, jusqu'à trois fois, la première ligne de Miloradovitch. Courage admirable, mais inutile ! Leur opiniâtreté héroïque (et ils ont arraché cette expression à une plume ennemie) revient sans cesse à la charge; mais c'est frapper de la tête contre une muraille d'acier. Deux compagnies de sapeurs et de mineurs se sont fait écraser."

ILS ONT FAIM ...ILS ONT FROID...ILS SONT FATIGUES
ET pourtant ils montrent encore du courage


Je me permet de rajouter que c'est dans les dates du 18 et 19 novembre que l'Empereur va créer "l'Escadron sacré".

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MessageSujet: Re: faber du faur   Dim 4 Jan - 19:23

Une suite à Faber du Faur....

Le terrible hiver continue .....

Prés de Bobr- 23 novembre



Bivouac à Studianka- 26 novembre



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MessageSujet: Re: faber du faur   Lun 5 Jan - 22:54

J'imagine même pas comment il devait faire froid pendant cette période ! santa
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MessageSujet: Re: faber du faur   

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