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 Les derniers jours du 1er Léger

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colonel Duroc
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MessageSujet: Les derniers jours du 1er Léger   Mer 17 Aoû - 19:04

Les derniers jours du 1er Léger
Le 6 juillet 1815, l'Armée s'achemina vers la Loire. Le 1er Léger couche le 6 à Longjumeau, le 7 à Étampes, le 8 à Angerville, le 9 à Arthenay, le 10 à Orléans et le 11 à Jargeau. C'est dans ce petit village et dans les fermes de la rive gauche que le Régiment attend l'ordre du licenciement. Après deux longs mois d'une véritable agonie pendant lesquels les Officiers et les soldats, unis dans les mêmes pensées et les mêmes souffrances, resserrent de plus en plus chaque jour des liens qu'il va falloir bientôt briser, l'ordre arrive enfin de licencier le 1er Léger. Les soldats sont renvoyés dans leurs foyers et presque tous les Officiers mis en demi-solde. Le fonds du Régiment est destiné à entrer dans la composition de la Légion départementale des Hautes-Pyrénées (64e Légion). Il restait à ce moment dans la caisse du Corps une somme considérable. C'était la propriété du Régiment; elle appartenait à tous : le Colonel la fait distribuer également entre tous, Officiers, Sous-officiers et soldats. Ce fait a été attesté par un Lieutenant du Régiment qui, à quelques temps de là, mandé précipitamment près de sa mère malade, et n'ayant pas l'argent nécessaire pour faire le voyage confia son embarras à son ancien Colonel : "Prenez, mon cher, dit le Colonel en ouvrant son secrétaire; ma bourse entière est à votre disposition". Trois mois après, l'Officier se présenta chez le Colonel Cubières pour rendre l'argent prêté. "Y pensez-vous, lieutenant? vous avez donc oublié la distribution faite au régiment, lorsque nous étions à l'armée de la Loire. Vous n'aviez pas eu votre part tout entière, j'ai dû vous rendre ce qui vous appartenait; vous ne me devez rien". Et le colonel ne voulut rien se laisser rendre (Voir le Recueil des discours du Général Cubières).
Le licenciement du 1er Léger est fixé au 24 septembre 1815. G. Cottreau : "Le 1er Léger fut-il un des Régiments que la deuxième Restauration licencia avec le plus de hâte. Son colonel, de Cubières, prononça une curieuse allocution au moment de se séparer de ses officiers, où il dit que dans les époques troublées, le difficile est non de faire son devoir, mais de discerner où est le devoir". En effet, le Colonel de Cubières fait prendre les armes une dernière fois, pour revoir encore son cher Régiment, le passer en revue et faire ses adieux à ceux qui ss sont battus à ses côtés : "Soldats, leur dit-il de sa voix claire et vibrante sous l'émotion, dans peu d'instants le 1er régiment d'infanterie légère n'existera plus!... Encore quelques moments, et cette famille dont l'union fut cimentée par vingt ans de travaux et de gloire, sous les mêmes drapeaux, sera éparse sans espoir de se réunir jamais. Ah ! sans doute, de tous les sacrifices que nous impose le malheur des circonstances, il n'en est pas pour nous de plus pénible que cette séparation. S'il est des hommes qui ignorent combien sont forts les liens de la fraternité d'armes, combien est vive et franche cette amitié contractée dans les camps, combien est durable l'estime acquise sur les champs de bataille, ceux-là seuls pourront nous reprocher les sentiments douloureux que ce triste instant nous fait éprouver, et la vive affliction que nous en conserverons longtemps. Aujourd'hui se terminent les faits militaires commencés par la Révolution, si féconde en grands hommes, en victoires, et dont l'éclat, longtemps si brillant, n'a été que faiblement obscurci par nos derniers malheurs. Les hauts faits du 1er régiment d'Infanterie légère, ainsi que les noms des braves que la tradition a conservés parmi nous, vont devenir l'apanage de l'histoire. Elle les citera avec honneur, lorsqu'elle parlera des batailles de Jemmapes, de Hondschotte, de Zurich, de Marengo, de Wagram; lorsqu'elle décrira la conquête de la Hollande, le passage du Rhin, celui de la Piave et du Danube. Elle n'oubliera point de les célébrer, lorsqu'elle racontera les sièges de Girone, de Tortose et l'assaut de Tarragone, où vous eûtes l'honneur de monter les premiers.
Vous êtes appelés, soldats, à former des légions départementales. Donnez-y l'exemple de la discipline sévère dont vous ne vous êtes jamais écartés. Portez surtout parmi vos concitoyens l'esprit d'obéissance et de soumission aux lois qui vous a toujours animés. Vous prouverez par là que vous n'étiez pas nés pour être les aveugles instruments du despotisme, vous deviendrez ainsi les plus fermes appuis du gouvernement constitutionnel, et des sujets utiles au monarque et à la patrie. Si le cri des partis se faisait entendre dans vos provinces, répondez-y par celui de Vive la France! Telle sera pour jamais la devise des braves soldats et de tous les bons citoyens. Puisse la modération des étrangers finir nos malheurs, puisse leur départ délivrer bientôt nos départements accablés! Si nos veux n'étaient point exaucés, si, contre nos espérances les maux de la France étaient sans terme et son humiliation sans bornes, lequel d'entre vous, soldats, hésiterait un jour à ressaisir ses armes et ne préférerait la mort à l'ignominie de sa patrie!.., Adieu!".
Le Colonel Cubières était à cheval. Il piqua des deux pour s'éloigner et pour mieux maîtriser sa profonde émotion; mais elle avait gagné son auditoire : les vieux soldats s'étaient précipités en grand nombre sur les traces de leur chef; il répétaient en sanglotant : Adieu! adieu, colonel! Cubières s'arrêta, mit pied à terre, et reçut dans ses bras, au risque d'être étouffé par tant d'étreintes, tout le 1er Léger. Cette scène tirait des larmes à toute la population qui encombrait le lieu où elle se passait. Les anciens soldats étaient les plus émus : "Vous autres, disait un vieux carabinier en s'adressant à des conscrits, vous ne sentez pas comme nous que le régiment est une famille". Ainsi se conclut l'histoire du 1er Léger.
I
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MessageSujet: Re: Les derniers jours du 1er Léger   Ven 19 Aoû - 15:18


Vive le 1er léger !!!

C 'est a peu prés ce que j'ai ressentis quand le 67 RI à Soissons fut dissous. Une certaine amertume...Et qu'a présent l'emplacement de ma caserne sert de locaux a des prix "donné" à de certain spéculateur sur le travail humain" style centre téléphonique" .et hôtel de luxe ....

Ce cher colonel fut aussi un exemple pour sa troupe, dans la distribution de la caisse.
pas toujours faites par d'autres régiments rattraper par le nouveau régime qui s’empressa de s'emparer de la caisse des régiments......
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MessageSujet: Re: Les derniers jours du 1er Léger   Ven 19 Aoû - 16:03

Une histoire émouvante , je bois un coup à ce régiment aux hommes qui ont fait ce que ce régiment a été biere
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MessageSujet: Re: Les derniers jours du 1er Léger   

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